PEP'S PAGE • Me Jean Renel Sénatus n’est plus commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince.

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Me Jean Renel Sénatus n’est plus commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince.

Certains ont d’abord pensé à un canular. Mais, en milieu de journée, l’info a été confirmée : Me Jean Renel Sénatus n’est plus commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince.  Motif ? C’est un flou artistique. Me Sénatus, terreur du phénomène surnommé « Zo kiki », joint par certains journalistes, ne savait pas encore qu’il était éjecté de son poste alors que le nom de son  remplaçant, Me Elco Saint-Amand, était déjà connu.

En fin d’après-midi, des langues se sont déliées. « Les rapports entre le commissaire du gouvernement, Me Jean Renel Sénatus, et le ministre de la Justice, Me Jean Renel Sanon, étaient des plus tendus», selon une source judiciaire digne de foi. Illustration, le chef du parquet, ces derniers temps, a refusé d’exécuter pas moins de 17 ordres manifestement illégaux du ministre, ajoute cette source. «Ces derniers jours, l’obstination du commissaire à arrêter 26 personnes a aggravé la situation», souligne-t-elle.

Contacté par le journal, le ministre confirme avoir « mis le commissaire du gouvernement en disponibilité pour fautes administratives graves ».  « Ce n’est pas logique, parce que ce n’est pas le palais qui prépare les mandats, mais le commissaire du gouvernement et le juge d’instruction», répond tranquillement Me Sanon. « Ce qui est dit n’est pas cohérent », ajoute-t-il, rejetant d’un revers de main avoir passé des instructions illégales au commissaire du gouvernement.

A peine installé, Me Elco Saint-Amand est déjà dans l’oeil du cyclône. Son nom fait déjà des vagues. Des médias rappellent qu’il avait été révoqué en 2001 ainsi que le juge Jean Sénat Fleury pour « corruption présumée » par le ministre de la Justice d’alors, Garry Lissade.

Ce qui est certain, le poste de commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince est bouillonnant et éjectable. Des commissaires du gouvernement y séjournent pendant un à trois mois avant  d’être mis à pied. Six commissaires du gouvernement en moins de seize mois!

Me Jean Renel Sénatus, qui dirigeait le parquet depuis le 3 janvier 2012, a relevé un défi, car il a réussi à y passer neuf mois. Aucun de ses prédécesseurs, depuis l’accession de Michel Martelly au pouvoir, n’a pu y rester aussi longtemps.

Me Jean Renel Sénatus avait remplacé à ce poste Me Lionel Constant Bourgouin, qui avait dirigé le parquet pendant seulement un mois. Me Bourgouin avait démissionné à la suite de pressions politiques qu’il aurait subies pour avoir refusé de procéder à l’arrestation à l’aéroport international Toussaint Louverture de l’ancien président du Conseil électoral provisoire (CEP), Gaillot Dorsinvil, ainsi que Ribel Pierre, qui tentaient de quitter le territoire haïtien. Me Michel Brunache était alors ministre de la Justice

En fait, Me Lionel Constant Bourgouin avait succédé à Me Félix Léger à la tête du parquet. Ce dernier, aujourd’hui directeur des affaires judiciaires au ministère de la Justice, a été prié de céder sa place après avoir procédé illégalement à l’arrestation d’un parlementaire en fonction,  le député Arnel Bélizaire.

Me Félix Léger avait été appelé à remplacer à la tête du parquet de Port-au-Prince Me Sonel Jean-François qui venait d’être révoqué par le Premier ministre démissionnaire Jean-Max Bellerive, qui était également titulaire du ministère de la Justice depuis la démission de Paul Denis. Me Jean-François avait été mis à pied pour « excès de pouvoir », entre autres. Me Sonel Jean-François avait auditionné, le 11 août 2011, Paul Antoine Bien-Aimé, ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales d’alors. Un acte que des juristes avaient qualifié d’« illégal ».

De son côté, Me Sonel Jean-François, qui avait dirigé le parquet pendant seulement deux mois, avait remplacé Me Harrycidas Auguste. Ce dernier s’était retrouvé au cœur d’un scandale provoqué par le décès d’un prévenu, Serge Démosthène, suite à des brutalités policières. La victime avait été arrêtée dans le cadre du dossier de l’assassinat de l’ex-président du conseil d’administration de la Banque nationale de crédit (BNC), Guiteau Toussaint.

(Source: http)

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